En mettant en relation la thymie et l'enthymème, on se propose de replacer la question de la sensibilisation émotionnelle au cœur de la rhétorique générale. Elle y est tantôt assumée comme principe opératoire (Aristote), tantôt exaltée comme finalité (Pseudo-Longin), tantôt soupçonnée comme menace sur la conduite raisonnée des arguments (Perelman). l'instabilité du statut de l'émotion dans l'histoire de la rhétorique est rapprochée de sa phénoménalité même, à travers les propositions de G. Simondon sur la composante affectivo-émotive dans l'individuation. l'appropriation sémiotique du concept de thymie invite plus spécifiquement, sous cet éclairage, à réarticuler le raisonnement propre à la rhétorique comme « enthymie ». On dégage ensuite les éléments thymiques au sein de l'enthymème (phénomènes de suspension, de bifurcation, de provocation), avant de présenter une saisie de l'émotion, à partir de la théorie des instances de discours, comme une condensation des instances.
Print ISSN: 0037-1998
Volume: 2007, 02/2007
Pages: 75 - 84