Le corps persuade tout autant que le verbe. Il persuade même à l'intérieur de l'exercice de la parole.
En s'appuyant sur une théorie sémiotique du corps (cf. Jacques Fontanille,
Cette étude se déclinera en deux grands pans : (i) d'un côté, l'ensemble des émotions suscitées et manipulées par la construction et la proposition d'un éthos corporel de l'énonciateur (les approches les plus courantes de l'éthos se limitent en général à la construction des rôles actantiels et modaux, et des représentations figuratives de l'énonciateur) ; (ii) de l'autre côté, l'ensemble des pathèmes associés à la production d'arguments de nature « sensible », et faisant appel aux figures du corps de l'énonciataire.
On prendra pour exemple le cas du discours de témoignage, où le corps du témoin, sa situation, sa présence, ses réactions, ses perceptions et ses émotions est tout particulièrement sollicité. Le cas de la persuasion par « compassion » sera aussi exploité.
Print ISSN: 0037-1998
Volume: 2007, 02/2007
Pages: 85 - 109