La diplomatie s'exprime le plus visiblement de deux manières. D'une part, elle prend forme lors de l'analyse des rapports de forces, de l'influence et des stratégies, le tout organisée autour de la notion de puissance. D'autre part, la diplomatie est vue comme le lieu du paraître ou les réceptions et les manifestations officielles forment, à tort, l'essentiel.
Toutefois il existe, dans cet espace entre politique des États et posture du diplomate, plusieurs éléments qui confèrent du sens aux démarches des acteurs et à la diplomatie elle-même. Pour cela, il faut aller au delà du sens diplomatique qui est essentiellement une aptitude à évaluer et à utiliser les rapports de forces, les moments opportuns d'actions et les modalités d'alliances.
L'analyse de la construction du sens dans la diplomatie conduit à distinguer deux significations de la représentation.
L'existence d'une politique fondée sur des valeurs et une vision. L'expérience historique montre que le sens de l'action est révélé par l'organisation de la diplomatie.
les modalités de représentation qui s'exercent dans les rituels dont le protocole sont l'une des manifestations. Celui-ci pose l'égalité des acteurs et constitue un cadre d'expression. Des expressions sont donc communiquées : l'homme d'Etat reçoit du respect et de l'hommage qui au-delà s'adresse à sa nation, ceci lui attribuant alors une identité. De manière réflexive, ce cadre contextuel communique au récipiendaire son statut et son rang afin d'établir la communication sur des bases identiques autorisant la relation. Son identité est définie, car se concentre le rapport au pouvoir, la dignité, l'image de soi et la reconnaissance d'autrui.
Finalement, la diplomatie installe la communication entre États conçus comme des personnes politiques dont le diplomate est le représentant, chargé justement de cette tâche à l'extérieur des frontières.
Print ISSN: 0037-1998
Volume: 2006, 04/2006
Pages: 241 - 249